Louis-Ferdinand Céline na antiga possessão francesa dos Camarões

«Des quelques 2500 clichés exécutés par Frédéric Gadmer sur le territoire de l’ancien Cameroun allemand, Roland Grillot n’avait identifié et sélectionné qu’une quinzaine de vues pour illustrer son enquête pionnière, Céline au Cameroun (1916-1917) (2) . Depuis cette publication, l’ensemble des plaques photographiques de cet opérateur militaire, conservées par la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine, la Bibliothèque Nationale et la Médiathèque du Patrimoine, ont été numérisées et mises en ligne, permettant une recherche systématique des lieux et sujets. Le photographe et cinéaste Frédéric Gadmer (1878-1954) (3) travailla au début du siècle dernier pour L’Illustration et pour les Archives de la planète d’Albert Kahn à partir de 1912. Au service de l’armée durant la Grande-Guerre, il fut détaché sous le nom de l’opérateur H et envoyé par l’Administration au Cameroun en décembre 1916 pour rapporter des vues de ces territoires récemment conquis. Les indications reportées sur les plaques permettent de retracer avec précision son itinéraire, qui suit d’assez près celui de Louis Destouches : débarqué à Douala en décembre 1916, six mois après le jeune cuirassier blessé, Gadmer a longuement fréquenté les lieux publics de la capitale économique et fixé les traits des colonisateurs dont Céline a retracé les portraits dans Voyage au bout de la nuit. L’opérateur H a pu croiser l’agent de la Compagnie forestière Sangha-Oubangui peu avant son évacuation, en mars 1917, à l’hôpital européen : les visages des malades et ceux des membres du personnel médical qui l’ont entouré de leurs soins surgissent aux détours des galeries de ce vaste bâtiment où Bardamu rêvait déjà d’embarquement. En tout cas, Gadmer emprunta les mêmes navires et les mêmes pistes que lui jusqu’à Campo et à travers la plantation de Dipikar. Ses clichés datés de juillet 1917 dévoilent de manière saisissante les cases et les ruines de ce petit village de Bikobimbo où dix mois durant, dans le plus profond isolement, Louis Destouches récolta et expédia le précieux cacao. Autant de chassés-croisés qui nous permettent de reconstituer, au regard d’extraits des lettres d’Afrique et de citations de Voyage au bout de la nuit, les épisodes de l’épopée africaine de Céline [...]» Dossier de Laurent Simon apresentado por Gaël Richard

~ por casoual em Julho 15, 2009.